Modes de vie

Dans sa lettre de septembre 2010, l’INSEE analyse la précarité sur le territoire du Grand Lyon. Afin de mesurer et de caractériser la précarité des ménages dans le Grand Lyon, neuf indicateurs ont été retenus. Ils permettent d’évaluer à la fois la précarité monétaire, la précarité familiale et la précarité liée à l’emploi. Ils s’avèrent pertinents pour analyser la quasi-totalité de la population à l’exception des personnes âgées et des étudiants.

La précarité se localise principalement dans les communes de la banlieue est et dans quatre arrondissements de Lyon. Vaulx-en-Velin est la commune où tous les indicateurs atteignent leur valeur maximale. Vénissieux, Saint-Fons et Givors présentent les mêmes caractéristiques à un degré moindre. Quatorze espaces de précarité conséquents apparaissent sur les dix neuf communes de plus de  10 000 habitants du Grand Lyon. Ils correspondent en général aux quartiers prioritaires de la politique de la ville, même si trois d’entre eux ressortent, sans être classés parmi eux.

Il est intéressant de croiser cette carte avec la carte produite dans le cadre de l’élaboration des scenarii d’agglomération.


L’amendement adopté dans la nuit du 5 au 6 mai 2010, lors de l’examen du Grenelle II, donne une défi nition offi cielle et légale à la précarité énergétique. Désormais, « est en précarité énergétique au titre de la présente loi, une personne qui éprouve dans son logement des diffi cultés particulières à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison notamment de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’habitat ».

Pour le Grand Lyon, l’établissement de la cartographie (par le bureau d’étude ICE) a ainsi été basé sur l’hypothèse (fortes) d’une conjonction des caractéristiques suivantes:

• en situation de vulnérabilité économique (sans emploi, sans diplôme, chômeur, retraité, au foyer, étudiant, contrat jeune, contrat d’apprentissage, stagiaire, ou en intérim) et

• avec trois d’enfants ou plus, ou dont la personne de référence est âgée de plus de 65 ans ou de moins de 25 et

• habitant un logement construit avant 1975, sa résidence principale.

Ainsi 19 % des ménages (soit environ 50 000 logements) du Grand Lyon sont potentiellement en situation de précarité énergétique (de 8 à 26 % selon les communes).

Cette carte diffère sensiblement de la carte produite par l’INSEE. Outre le fait qu’elle indique une précarité « potentielle », et non une précarité « mesurée » comme le permet le puissant outil statistique de l’INSEE, elle interpelle par la localisation de cette précarité énergétique potentielle. L’est semble plus « épargné » par la précarité énergétique dans l’habitat (notamment Vaulx en Velin), tandis que des communes de l’ouest voient leur situation vis à vis de ce type de précarité nettement moins bonne que pour les indicateurs développés par l’INSEE. Une première explication à cet état de fait est la référence à la date de construction du logement dans le cadre du travail réalisé sur la précarité énergétique. Cet élément évite probablement à beaucoup de ménages de l’est lyonnais habitants des logements construits à partir des années 80 d’apparaître dans la comptabilisation de la précarité énergétique. A l’inverse, elle met en évidence une fragilité potentielle de nombreux ménages de l’ouest lyonnais.

Ces premiers éléments appellent évidemment une collecte de données plus précises pour qu’une réelle précarité énergétique puisse apparaître dans les futures analyses locales de la précarité. Cela demandera des croisements statistiques entre revenus et qualité du logement, ce qui nécessite de nouvelles enquêtes. Les membres de la conférence énergie climat ont, lors des ateliers de concertation du 21 octobre 2010, donné un caractère prioritaire à cette collecte de données, afin de pouvoir mieux comprendre et mieux lutter contre le phénomène de la précarité énergétique.

Lettre de l’INSEE:

Volets « habitat » et « énergie » des scenarii martyr (accès restreint aux membres de la CEC): et 

Contribution du conseil de développement du Grand Lyon, qui interpelle sur ce phénomène dans le récit de projection-fiction qui présente une vision du Grand Lyon en 2050:

2 réponse à “Précarité sur le Grand Lyon: l’analyse de l’INSEE

  1. Voilà une étude intéressante, même si on s’attendait un peu à voir apparaître ces résultats pour chaque quartier de Lyon. Par contre j’ignorais la notion de précarité énergétique, merci de me l’avoir fait découvrir !

  2. Espérons que des politiques de la ville ambitieuses permettront d’améliorer l’isolation des maisons et ainsi de parvenir à des économies d’énergie bénéfiques pour la planète…

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